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Camps de transit et d'internement

En zone occupée, les camps de transit et d'internement sont utilisés à grande échelle pour la première fois au printemps 1941, à la suite de la première grande rafle dite du « Billet vert » qui a lieu à Paris le 14 mai 1941. Ce jour-là, 6 500 hommes juifs vivant dans l'est de Paris reçoivent par courrier des bordereaux de couleur verte leur ordonnant de se présenter pour une vérification d'identité.
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France

Au lieu d’être soumis à un simple contrôle administratif, les 3 747 Juifs qui se présentent sont envoyés dans deux camps situés dans le Loiret, à 80 kilomètres de Paris : Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Ces camps sont sous le double contrôle de la préfecture du Loiret et des autorités allemandes. Les prisonniers sont autorisés à recevoir de la nourriture et des visites et un grand nombre d'entre eux peuvent travailler comme tailleurs ou comme jardiniers. Toute une gamme d’activités culturelles voit le jour avec la mise en place notamment d’enseignements scolaires et d’une troupe de théâtre. Ces prisonniers passent quatorze mois dans les camps avant d’être déportés pour faire place aux Juifs arrêtés lors de la rafle du Vél' d'Hiv. Au cours de l'occupation, 12 000 Juifs transiteront par Pithiviers et Beaune-la-Rolande. 

Le camp de Compiègne est le seul camp en France qui soit dirigé par les Allemands. Ses 54 000 prisonniers sont des résistants, des prisonniers politiques, des étrangers et des Juifs. Le premier convoi de déportés juifs à quitter la France pour Auschwitz part de Compiègne en mars 1942.

Le camp de transit de Drancy, situé en banlieue parisienne, est le plus grand de France. Il accueille d'abord des Français et des Juifs étrangers arrêtés durant les rafles massives d'août 1941 et continuera à fonctionner jusqu'à la Libération. Le camp est constitué d’un bloc inachevé de bâtiments en béton de quatre étages, construit en forme de fer à cheval autour d'une cour. Des fils de fer barbelés entourent le site qui sera contrôlé par des gendarmes français jusqu'en juin 1943. Les conditions de détention sont épouvantables : la nourriture manque et les installations sanitaires sont largement insuffisantes. Les maladies sont endémiques et les prisonniers constamment humiliés. Les conditions de détention connaissent une légère amélioration en novembre 1941 lorsque les détenus sont autorisés à recevoir des colis de nourriture. Des Juifs de toute la zone occupée sont amenés à Drancy avant d'être déportés. A partir d'août 1942, des Juifs de zone non occupée y sont également envoyés avant d'embarquer dans des trains à destination de l'Est. Au total, 84% des Juifs déportés de France passeront par Drancy.

Même en l'absence des autorités allemandes, Vichy interne des milliers d'étrangers en zone non occupée, avant l'invasion allemande du sud de la France en novembre 1942. Les Juifs constituent la grande majorité des prisonniers internés dans les dix camps du sud du pays. En février 1941, 40 000 Juifs sont internés dans des conditions effroyables dans des camps situés en zone non occupée. Le plus grand des camps d'internement est celui de Gurs : treize ou quatorze unités d'habitation abritent une moyenne de 1400 personnes. Bien que des organisations humanitaires juives et non juives puissent accéder au camp pour soulager les souffrances quotidiennes, 1 005 personnes mourront à Gurs de faim, de froid ou de désespoir, entre octobre 1940 et juin 1942.

 

Belgique

Le premier camp de transit en Belgique ouvre en septembre 1940 à Fort Breendonk, une ancienne fortification militaire. Le camp doit abriter des opposants politiques, des combattants de la Résistance et des Juifs (ceux-ci constituant la majorité des internés durant la première année). Fort Breendonk possède des baraques séparées pour les Juifs. Les conditions d'incarcération dans le camp, déjà extrêmement mauvaises, sont aggravées par la présence de gardes belges SS qui se montrent particulièrement cruels envers les internés. Torture et pendaisons sont choses courantes. Au cours de son existence, le camp abritera 3 500 prisonniers.

Le camp de transit de Malines (Mechelen), spécialement conçu pour les Juifs, est créé en juillet 1942. Il est situé à mi-chemin entre Anvers et Bruxelles, les deux grands pôles du judaïsme belge, dans les anciennes baraques de la caserne Dossin, notamment utilisées pendant la Première Guerre Mondiale. Les baraques consistent en un bâtiment unique, de trois étages, construit autour d'une cour. La « Sipo » (Police de sûreté allemande) est en charge du camp, dirigé par le célèbre commandant SS Philipp Schmitt. Soixante officiers SS allemands et belges assurent la gestion du camp. La plupart des Juifs n'y passent que quelques jours. Schmitt veille à ce que tous les papiers des prisonniers soient détruits, les privant ainsi de leur identité. Durant l'Occupation, plus de 27 000 Juifs et 351 Tsiganes seront internés dans les baraques de Dossin.

 

Pays-Bas

Au cours de la deuxième moitié des années 1930, le gouvernement néerlandais commence à interner les réfugiés entrés légalement ou illégalement aux Pays-Bas, dans une série de petits camps. Un camp central est établi à Westerbork dans une région isolée du nord, près de la frontière allemande. Au début de l'année 1942, les Allemands agrandissent le camp et le transforment en camp de transit pour les Juifs. Les Juifs raflés à travers les Pays-Bas sont conduits à Westerbork dans l'attente de leur déportation vers l'Est. Il y a aussi un petit camp de transit situé à Vught. Westerbork, qui est composé de 107 baraques conçues pour abriter 300 personnes chacune, est entouré de fils de fer barbelés. La majorité des Juifs ne passe que très peu de temps à Westerbork, mais une population permanente de 2000 personnes, essentiellement des Juifs allemands, des membres de la police juive et des conseils juifs, y demeure. Il y a à Westerbork des activités sportives et culturelles, du travail pour les prisonniers, une école et un orchestre. 104 000 Juifs hollandais et allemands passeront par Westerbork avant d'être envoyés dans les camps d'extermination d'Europe de l'Est. A la Libération, il n'y reste plus que 876 prisonniers.