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Sauvetage par des Justes parmi les Nations

« Je pense que c'est vraiment à Lorenzo que je dois d’être encore en vie aujourd’hui ; non pas tant à cause de son aide matérielle, que pour m'avoir constamment rappelé par sa présence… qu'il existait encore, en dehors du nôtre, un monde juste, des choses et des êtres restés purs et intègres… pour lesquels il valait la peine de survivre ».
Primo Levi décrit son sauveteur, Lorenzo Perrone, Juste parmi les Nations (Si c'est un homme)
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L'attitude envers les Juifs pendant la Shoah oscille principalement entre indifférence et hostilité. La majorité des gens demeurent passifs alors que leurs voisins de toujours sont arrêtés, déportés ou tués ; certains collaborent avec les meurtriers ; nombreux sont ceux qui bénéficient de l’expropriation des biens juifs. Mais dans un monde en proie à un total effondrement moral, une petite minorité fait preuve d'un courage extraordinaire pour défendre les valeurs fondamentales de l’humanité. Ils deviendront les Justes parmi les Nations.

Il s’agit souvent d’un processus graduel, se traduisant par l’implication croissante des sauveteurs au service des Juifs persécutés. Le fait d’accepter de cacher quelqu'un pendant une descente ou une rafle – en lui offrant un abri pour un jour ou deux jusqu'à ce qu'une autre solution se dessine – peut évoluer en un sauvetage susceptible de durer des mois ou des années.

Le risque encouru par ces sauveteurs du fait de leur action varie d'un pays à l'autre. En Europe de l'Est, les Allemands exécutent non seulement ceux qui cachent des Juifs, mais aussi toute leur famille. Des avis enjoignant la population à ne pas aider les Juifs sont placardés partout. En général, les châtiments sont moins sévères en Europe de l'Ouest, bien que les conséquences puissent y être terribles aussi et que certains Justes parmi les Nations soient incarcérés dans des camps et assassinés. Par ailleurs, étant donné la brutalité du traitement infligé aux Juifs et la détermination des persécuteurs à les traquer jusqu'au dernier, les gens craignent d'avoir à endurer le même sort s'ils tentent d'aider les persécutés. Les sauveteurs comme leurs protégés vivent donc dans la peur constante d'être pris ; ils sont sans cesse à la merci d'une dénonciation par des voisins ou des collaborateurs.

À ce jour (2016), Yad Vashem a reconnu 26 120 Justes parmi les Nations de 51 pays et nationalités. Il y a parmi eux des chrétiens appartenant à toutes les dénominations et à toutes les Églises, des musulmans et des agnostiques ; des hommes et des femmes de tous âges ; de toutes conditions ; des personnes très instruites et des paysans illettrés ; des personnalités publiques et des gens vivant en marge de la société ; des citadins et des fermiers des coins les plus reculés d’Europe ; des professeurs d’université, des enseignants, des médecins, des membres du clergé, des religieuses, des diplomates, de simples ouvriers, des domestiques, des résistants, des policiers, des paysans, des pêcheurs, un directeur de zoo, le propriétaire d’un cirque et bien d’autres encore.

L’aide apportée par les Justes parmi les Nations prend principalement les formes suivantes :

Cacher des Juifs sous son toit ou dans sa propriété 

Dans les zones rurales d’Europe de l’Est, des cachettes ou des bunkers, comme on les appelait alors, sont creusés sous les habitations, les étables, les granges, pour mettre les Juifs à l’abri des regards. Outre la menace de mort qui pèse sur les Juifs, les conditions de vie dans ces endroits obscurs, froids, étouffants et bondés où ils doivent passer de longues périodes sont très difficiles. Les sauveteurs, qui vivent également dans la crainte d’être découverts, se chargent de les nourrir – tâche ardue pour des familles pauvres en temps de guerre – de ramasser les excréments et de subvenir à tous les besoins de leurs protégés. Les Juifs sont aussi cachés dans des greniers, des cachettes en forêt ou dans tout endroit permettant de les abriter et de dissimuler leur présence : cimetière, égouts, cage d’un animal dans un zoo, etc. Il arrive que les Juifs cachés soient présentés comme des non-Juifs, des proches ou des enfants adoptés. Les Juifs sont également cachés dans des appartements situés en ville, et les enfants placés dans des couvents où les religieuses dissimulent leur véritable identité. En Europe de l’Ouest, la plupart des Juifs sont cachés dans des maisons, des fermes ou des couvents.

Procurer de faux papiers et de fausses identités  

Pour se forger une identité aryenne, les Juifs ont besoin de faux papiers et de l’aide nécessaire pour s’établir sous une identité d'emprunt. Les sauveteurs sont alors les faussaires ou les fonctionnaires qui fabriquent de faux documents, les membres du clergé qui contrefont des certificats de baptême ou certains diplomates étrangers qui délivrent des visas ou des passeports en contrevenant aux directives et à la politique de leurs pays. Des diplomates en poste à Budapest à la fin de l’année 1944 délivrent des papiers de protection et font déployer des drapeaux de leurs pays sur des immeubles entiers, afin de mettre les Juifs sous la protection diplomatique de leurs Etats. Certains sauveteurs allemands, comme Oskar Schindler, recourent à des prétextes mensongers pour protéger leurs employés de la déportation en affirmant que les Juifs sont indispensables à l’effort de guerre.

Aider les Juifs à circuler clandestinement et à s’enfuir  

Certains sauveteurs aident des Juifs à sortir de zones particulièrement dangereuses pour fuir vers des endroits plus sûrs. Ils font sortir des Juifs clandestinement des ghettos ou des prisons, les aident à traverser des frontières pour rallier des pays libres ou des zones dans lesquelles la persécution est moins intense, tels que la Suisse neutre, les régions sous contrôle italien dans lesquelles il n’y a pas de déportations ou encore la Hongrie avant son occupation par les Allemands à partir de mars 1944.