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Les survivants juifs durant les derniers mois du Troisième Reich

Alors que le Troisième Reich s'effondre et que le front de l'Est s'écroule, les Allemands amorcent une retraite générale vers l'ouest, en direction de l'Allemagne. Au cours de l’été 1944, les Soviétiques lancent une offensive massive à l'Est et les Allemands entreprennent l’évacuation des camps de concentration et forcent les prisonniers à marcher vers l’ouest dans le cadre de ce que l'on appellera les marches de la mort.
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Himmler, le commandant de la SS, ordonne à ses subordonnés d’empêcher que les armées alliées libèrent des prisonniers en vie dans les camps de concentration – comme à Majdanek, où les meurtres de masse ont été mis au jour. Ces marches servent un double objectif : assurer qu'il ne restera aucun témoin pouvant attester des assassinats et exploiter jusqu'au dernier moment la main-d’œuvre juive arrivée à pied dans les camps d'Allemagne et d'Autriche. Les gardes qui reçoivent l'ordre d’escorter les prisonniers comprennent que cette mission fait obstacle à leurs propres chances d'échapper à l'Armée rouge. Ils sont donc particulièrement prompts à tuer les prisonniers et à prendre la fuite. Ces meurtres de masse se poursuivront jusqu'à la capitulation de l'Allemagne le 8 mai 1945.

Les premiers camps dont les Allemands procèdent à l'évacuation se trouvent dans les États baltes et dans le centre et l'est de la Pologne. Durant cette période, les détenus sont généralement évacués en train, ou par voie maritime comme à Kaiserwald, mais certains prisonniers quitteront également les camps à pied. Peu après, débute une vague massive de marches de la mort.

Le 28 juillet 1944, le camp établi sur les ruines du ghetto de Varsovie est évacué et 3 600 prisonniers, pour la plupart originaires de Grèce et de Hongrie, sont contraints d'entamer une marche de la mort à destination de Kutno, situé à près de 130 kilomètres de Varsovie. Les Allemands abattent tous ceux qui sont à la traîne. Aucune nourriture n'est fournie aux prisonniers qu'on empêche par ailleurs de boire. Ceux qui survivent sont transportés dans des wagons à bestiaux de Kutno jusqu'à Dachau. Ils seront moins de 2 000 prisonniers à atteindre Dachau le 9 août 1944.

En septembre 1944, quelque 4 000 prisonniers sont contraints de parcourir à pied la distance séparant la ville yougoslave de Bor de la Hongrie, avant d’être envoyés à Oranienburg en Allemagne. Plus de 3 000 personnes seront assassinées au cours de cette marche. En novembre 1944, 70 000 Juifs doivent eux aussi marcher de Budapest jusqu’aux camps de concentration situés sur le territoire du Reich, principalement Dachau et Mauthausen. Des dizaines de milliers d’entre seront abattus au cours de cette marche.

En janvier 1945, en raison de nouvelles attaques soviétiques, l'évacuation du reste des camps de Pologne commence. Les marches de la mort les plus importantes de ce mois de janvier partent d'Auschwitz au sud et de Stutthof au nord. L'évacuation d'Auschwitz et de ses sous-camps débute le 18 janvier 1945. Près de 66 000 prisonniers, Juifs pour la plupart, sont contraints de prendre la route à pied ou embarqués à bord de wagons à bestiaux à destination de différents camps : principalement Gross-Rosen, Buchenwald, Dachau et Mauthausen. 15 000 d’entre eux au moins périront au cours du voyage. Quelques jours plus tard, commence l'évacuation des sous-camps de Stutthof. Le camp principal est évacué le 25 janvier. Au total, 26 000 des 50 000 détenus de Stutthof périront au cours des marches ou seront abattus sur la plage.

L'évacuation de Gross-Rosen et de certains de ses sous-camps débute en février 1945. Quelque 40 000 prisonniers sont évacués. Des milliers d’entre eux sont massacrés sur la route, les survivants sont envoyés dans les camps de concentration de Dora-Mittelbau, Flossenburg, Buchenwald, Mauthausen, Dachau, Bergen-Belsen et Sachsenhausen.

Entre mars 1945 et la capitulation allemande le 8 mai 1945, 250 000 prisonniers au moins sont contraints d'effectuer ces marches de la mort longues de plusieurs semaines. Partout dans le centre de l’Allemagne et l’ouest de l’Autriche, les déportés succombent, abattus lors des marches ou victimes du manque d’aération, de la chaleur, de la faim et de la soif dans les wagons à bestiaux.

Fin mars début avril, 21 000 à 23 000 des 48 000 détenus du camp de Buchenwald sont contraints de parcourir à pied des centaines de kilomètres jusqu’à d'autres camps de concentration. Des milliers de prisonniers sont abattus durant cette marche. D’autres marches commencent simultanément au départ de Flossenburg, Sachsenhausen, Neuengamme, Magdebourg, Mauthausen, Ravensbrück et de plusieurs sous-camps de Dachau. Des dizaines de milliers de déportés périssent au cours de ces marches.

Les marches de la mort se poursuivront jusqu'au dernier jour de la guerre. Au total, de l'été 1944 jusqu’à la fin de la guerre, entre 200 000 et 250 000 prisonniers des camps de concentration nazis trouveront la mort durant ces marches. Entre un quart et un tiers des victimes sont des Juifs. On retrouvera après la guerre des centaines de fosses communes contenant les cadavres des dizaines de milliers de prisonniers ayant péri lors de ces marches, tout au long des itinéraires empruntés par celles-ci.